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Je me souviens, le jour où j’ai emménagé dans mon appartement tout vide, fin août. Je ne savais pas ce qui allait m’attendre pour cette année, j’avais tout à construire et à découvrir, pour cette deuxième année d’expatriation au Canada.
Montréal était une ville que je ne connaissais pas. Que j’ai appris à découvrir et à aimer sur cette dernière année. C’était le début de ma deuxième année d’expatriation au Canada.

Voilà maintenant presque deux semaines que mes deux ans d’expatriation au Canada se sont terminées. C’est encore un peu irréel, à vrai dire: déjà, parce que la première fois que je suis partie, en août 2014, je ne devais rester que 4 mois. Au final, je suis restée deux ans. Quand je suis repartie d’Ottawa, l’année dernière, je n’ai pas pleuré: je ne sais pas, peut-être qu’inconsciemment je savais que j’allais revenir très vite, que mon aventure canadienne n’était pas terminée. Alors qu’il y a deux semaines, mon dieu que j’ai pleuré, la vraie madeleine !
Revenir d’expatriation, c’est un peu comme sortir du coma: tu reviens chez toi, dans ton pays d’origine, et tu redécouvres tout (bon on s’entend que j’ai jamais été dans le coma, j’imagine un peu, mais t’as compris l’image). En fait, tout t’es familier et étranger à la fois. Tu reconnais tout, tu as des souvenirs, mais ce n’est plus chez toi.

Et puis surtout, tu ne peux pas t’empêcher, mais tu compares, comme tu l’as fait quand tu as commencé ton expatriation, sauf que là, c’est dans le sens inverse: ce qui me semblait étranger au Canada, ou loufoque, je le trouve maintenant complètement normal par rapport à d’autres choses en France.

Par exemple, quand tu te rends compte qu’en France c’est toi qui pèse tes légumes et qui met le ticket sur le sac plastique, alors qu’au Canada c’est la caissière. Au bout de deux ans, ça te fait un peu bizarre.

Revenir d’expatriation, ça me faisait peur. Retourner chez mes parents (la régression totale), le retour à un quotidien qui n’était plus le mien depuis deux ans. Et surtout, le fait de se dire que c’est bel et bien terminé. En fait, je ne savais plus à quoi m’attendre, parce que ma vie d’avant, je ne la connais plus, je m’y suis déshabituée bien vite. Et puis forcément, je ne voyais que les côtés négatifs de la France, je m’étais mise dans une spirale de pessimisme toute seule. Tu vas me dire que quand tu reviens de deux ans d’expatriation, ça n’aide pas beaucoup…

Je te le confirme, ça ne m’a pas aidé du tout. Surtout quand tout le monde me disait: « Mais t’inquiètes pas Sixtine, tu vas y retourner au Canada« . Oui, ça je sais que j’y retournerai. Mais quand ? Tu peux me le dire, toi, quand j’aurai l’opportunité d’y retourner ? Et dans quel contexte ? Parce que les études c’est terminé, et dire aurevoir à ta vie étudiante, ça fait quand même un peu peur.
En fait, mon expatriation a signifié deux choses: quand je suis partie, qu’il était le temps de grandir, d’apprendre des choses par moi-même, et pas uniquement sur les bancs d’une fac. Je pense que sur mes deux dernières années, le contrat a été plus que rempli.

Et mon retour d’expatriation, signifiait autre chose: que maintenant, il fallait un peu vieillir. Pas trop quand même hein, mais juste assez pour se rendre compte que toutes les bonnes choses ont une fin, et que parfois il faut avancer, même si on en a pas l’envie. J’avais assez grandi, je devais maintenant vieillir un peu.

Mon expatriation a signifié deux choses: pour mon départ, qu’il fallait un peu grandir. Pour mon retour, qu’il était temps de vieillir.

C’est vrai que s’expatrier à 20 ans à 5500 km de chez soi, ce n’est pas anodin, et ce n’est pas donné à tout le monde, on ne va pas se mentir. Je pense que c’est ce qui a rendu cette expérience d’autant plus extraordinaire: la jeunesse, et surtout l’inconnu de l’expatriation avant de partir. C’était aussi ce que je voulais bien sûr, et ce dont j’avais sûrement besoin au moment de partir.
Deux ans plus tard, faire le bilan de mon expatriation est un peu compliqué: c’est comme quand on me pose la question « Alors, c’était bien ?« , et que je ne sais pas quoi répondre. Oui, évidemment que c’était bien ! Mais c’était tellement plus que ça.

Ça a été extraordinaire, dur parfois, déroutant, dépaysant, fatiguant, surprenant, initiatique, plein de rencontres, chiant aussi, excitant, effrayant, mais plus que tout, ça a été la meilleure expérience de ma vie. Et ça m’a donné l’assurance que les prochaines expériences seront toutes aussi riches et inoubliables.

Alors si toi aussi tu vas bientôt rentrer de ta première expatriation, ne t’en fais pas, ça va aller. Tu vas ressentir plein de sentiments contraires, tu vas te remémorer tellement de choses, tu vas vouloir en parler tout le temps, parfois plus du tout, mais dans le fond ça ira.

Je ne suis pas complètement de chez eux, mais une chose est sûre, je ne suis plus d’ici non plus.

 

2 thoughts on “Un retour d’expatriation.

  1. Waw, ton article est superbe ! Je te cache pas que t’es un peu un exemple pour moi maintenant, tu as osé faire ce que je n’ai pas moi même osé (partir loin de ma famille, mais comment vais-je fais financièrement?, et puis les amis qui restent en France). Du coup chapeau bas Mireille ! Et encore une fois, je suis super heureuse d’avoir partagé un (petit) bout de ton aventure canadienne et je compte bien en partager d’autres ! Je t’embrasse très fort.

    • Ohhhhh mais Fatou tu vas y retourner au Canada, moi j’en suis sûre ! Et puis il faut se dire une seule chose: ça fait peur tant qu’on ne s’est pas lançé. Je t’embrasse très fort aussi <3

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