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Je suis presque sûre qu’il t’es déjà arrivé, cher lecteur, d’expliquer pourquoi tu voyages à quelqu’un. D’expliquer le sentiment immense qui t’envahis quand tu parles de voyages, quand tu te souviens de ceux que tu as fait, et quand tu imagines ceux que tu vas entreprendre. Les mots ne viennent pas forcément, hein ? Ou ils ne sont pas assez forts pour expliquer le déversement d’émotions liés au voyage, à ce mode de vie, à cette philosophie.

J’ai moi aussi essayé d’expliquer ma philosophie du voyage, ce qui me motivait et comment ça avait commencé. Quand j’arrive à bien expliquer mon ressenti, je me heurte souvent à une mauvaise compréhension de la part des gens à qui j’exprime mon point de vue. Oui c’est rageant de ne pas être compris, franchement.
Donc aujourd’hui, j’ai eu envie d’écrire cet article, pour expliquer ce point de vue si personnel, cette philosophie si intime qui me lie à ma passion du voyage. Oui, il s’agit d’un article personnel, c’est bien rare. Mais pourquoi voyager, si je n’arrive pas à exprimer ce que cela me procure.

Le commencement

Le 6 juillet 2013, c’est-à-dire il y a pile deux ans au moment où j’écris ces lignes. Je sors de l’aéroport Tân Sơn Nhất d’Hô-Chi-Minh Ville, au Vietnam. Je suis en jogging et en pull, évidemment je ne me suis pas dit une seule seconde que j’allais mourir de chaud dans un pays en pleine période de mousson. Je regarde autour de moi: je ne comprends rien à ce qu’il y a écrit sur les panneaux, cette langue n’est pas la mienne. Cette culture non plus d’ailleurs, je la contemple avec des yeux ébahis.

Premier choc: quand les portes automatiques de l’aéroport se sont ouvertes, je me suis pris une bourrasque d’air chaud et humide dans le visage. Un vacarme de rue qui m’est bien inconnu se fait entendre, la vie se déroule sous mes yeux, sans que j’y comprenne quoi que ce soit.
C’est comme quand vous remettez le son de votre télévision après l’avoir laissé longtemps en mode Muet: il faut un temps d’adaptation pour reprendre le cours du film, refaire les connexions.

J’ai perdu mes yeux dans les lumières d’Hô-Chi-Minh Ville, avec la boule au ventre: aucun repère, dans ce pays que je ne connaissais pas, et qui avait pourtant tout à m’offrir. J’étais à exactement 14 098,3 kilomètres de chez moi (merci Google Maps). Résultat: j’ai exulté.

Ce qu’il s’est passé ensuite

Je suis rentrée en France un mois plus tard, et j’ai décidé que j’y retournerai l’été suivant, et en visitant le Cambodge également. J’ai bossé, et je suis repartie.
Avant même de me rendre compte que j’avais pris le virus du voyage, j’avais pris le virus de l’Asie. C’est un continent dont je suis tombée amoureuse, par la culture, le dépaysement, la nourriture aussi (SUPER important). J’ai besoin de me perdre dans cette culture pour me sentir vivante: c’est sûrement un mal pour certains, pour moi c’est crucial. C’est ce que j’aime, me dépayser.

Ensuite, en mai 2014, j’ai pris la décision de partir en tour du monde en 2017. En gros, depuis un an, j’économise tout ce que je peux pour pouvoir partir, et honnêtement peu de gens comprennent pourquoi « je me prive autant pour un voyage que je ne ferais probablement pas« . Mais je ne me prive pas ! Je suis motivée, c’est tout. Les soirées que je ne fais pas aujourd’hui vont me permettre de réaliser mon rêve dans deux ans maintenant.
Je voyage parce que j’aime ça. Je voyage parce que certains n’ont pas cette chance, et que je veux profiter de cette opportunité que j’ai de pouvoir découvrir le monde. Je voyage parce que rester chez moi sans connaître le monde extérieur me semble être une régression. Je voyage parce que ça me fait vivre, comme l’air que je respire: ça m’est vital.

Et maintenant ?

Voilà deux mois et demi que je suis rentrée en France, et le manque se fait sentir ! J’aime la France hein, qu’on se comprenne bien. Mais j’ai besoin d’aller voir ailleurs, pour me découvrir, pour ne pas m’enterrer dans une routine. Je repars dans un mois et demi, et j’ai hâte de voir ce que le Canada a encore à m’offrir.

Je travaille pour économiser pour mon tour du monde: c’est dur parfois, de voir qu’on est encore loin du but. Je n’ai jamais voulu abandonner ! Mais parfois, on a l’impression qu’on coure après une chimère, et deux ans ça reste long. J’ai parfois besoin de me reconnecter avec ce qui m’a motivée à commencer toute cette aventure, pour me rappeler pourquoi je fais tout ça.

Et dans ces moments-là, quoi de mieux que des vidéos Youtube 😉

 

Un an au Canada, par le blog voyage Seth et Lise.

 

Une autre vidéo de Seth et Lise, cette fois sur leur voyage en Asie. Ça me rappelle ce qui m’a donné envie de voyager.

 

 

Le tour du monde en 45 minutes de Charlotte et Mike. Pour voyager, il n’y a pas mieux !

Et toi alors ?

Et toi lecteur, c’est quoi ta philosophie de voyage ?


De Florence (via Facebook): « Pour ne pas avoir de regrets à la fin de ma vie… me dire que j’ai accompli des rêves, fait des rencontres, connu des expériences… que je ne suis pas passée à côté du temps que j’avais à passer sur cette terre. »

De Laurent (via le blog): « Pour trébucher, me prendre des claques, être déstabilisé face à un monde, une culture, que je ne maîtrise pas.« 

De Cécilia (via Facebook): « Voyager pour moi c’est avant tout sortir de sa zone de confort, je vois ça comme une sorte de lutte, avec la fatigue, la chaleur, la barrière de la langue, les douleurs aux jambes, les maladies improbables etc, c’est repousser ses limites, se montrer a soi même que même dans cette situation hyper délicate, ben je m’en suis sortie, avec le sourire, et plus forte.
Et puis voyager, c’est se vider la tête. Se délester de toutes ces choses qui nous emplissent le crane et se concentrer sur les pensées essentielles : c’est beau, j’ai faim, j’ai sommeil, je m’emmerde, j’ai soif. C’est vivre des expériences uniques qui n’appartiennent qu’à nous. « 

Continuez de partager vos expériences ! 🙂

6 thoughts on “Parle avec tes tripes: dis moi pourquoi tu voyages.

  1. garde le virus, tes yeux d’enfants, emerveille toi de tout et rencontres un max de personnes. de mon coté c’etait en 2003 puis j’ai acceleré de 1 a 10 voyages par an, du petit Weekend en Europe au vacances de 3 semaines a l’autre bout du monde, certes il y a un petit sens de collection des tampons et drapeaux et ma carte qui se remplit, mais ca reste secondaire. je pense qu’il est difficile d’y echapper. bon voyage et quoi qu’il arrive tu trouveras des incredules, des jaloux et des encourageurs…

  2. Il n’y a aucun doute là-dessus, voyager est un virus. Garde ton objectif et rien ne t’empêcheras d’y arriver.
    Je suis partie explorer le monde avec mon conjoint depuis juillet 2014 sans date de retour en mode « slow travel ».
    Pourquoi je voyage ? Il y a tellement de raisons… Mais la première c’est d’apprendre !
    J’adore la France, mais elle est si petite et le monde est si vaste. Je n’ai pas la prétention de croire que je pourrai tout voire dans ma vie mais en tout cas j’essaierai de faire le maximum. Mais apprendre quoi?
    Apprendre des langues différentes, apprendre des cultures différentes, apprendre la vie des autres, apprendre des métiers (le volontariat est notre fil rouge et toujours nos meilleurs expériences), apprendre que l’homme est bon, apprendre qu’un sourire vaut parfois mieux qu’un long discours, apprendre que se perdre est juste un autre moyen de découvrir un endroit.
    Puis parfois, je réalise que certains triment pour manger alors que nous économisons pour voyager et j’apprends l’humilité, à d’autres moments, je me rendre compte que la planète souffre (des milliers de palmier en Malaisie qui détruise la biodiversité, les déchets et les tueries) et j’apprends à être un plus écolo au quotidien. J’apprends à me passer du superflus et vivre mieux avec moins.

    • C’est vrai que voyager, c’est apprendre, et comme tu le dis parfois on apprend pas toujours des choses positives: on apprend que l’homme détruit sa planète, que nous sommes loin d’être égaux, que nous ne pouvons pas aider tout le monde. Mais c’est aussi pour ça que je voyage: pour apporter ma pierre à l’édifice, quand je peux 🙂

  3. Ah oui, le vent chaud et humide à la sortie de l’avion, surtout si c’est au milieu de la nuit, c’est un souvenir que l’on garde en effet. Pour ma part, j’ai découvert le voyage par pur hasard (comme quoi le hasard fait bien les choses parfois !). Et maintenant, pourquoi je voyage ? Pour trébucher, me prendre des claques, être déstabilisé face à un monde, une culture, que je ne maîtrise pas. Ça peut sembler un pas maso, mais pourtant, c’est ça 🙂 !

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi ! Je me sens toujours plus « moi » quand je suis éloignée de ma culture. Ca permet de se découvrir en fait ! 🙂

  4. Je Voyage pour me sentir vivre! Pour mettre en éveil mes sens, pour rencontrer d’autres populations et manière de vivre! Je voyage pour être libre, car j’ai la chance de pouvoir l’être! pour me concentrer sur les priorités dans la vie, pour être plus humble et plus souriante à l’imprévu! Pour me déconnecter de cette société ! Je voyage car j’ai la voyagite!!!

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