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Contradictoire de voir un tel titre sur un blog voyage, non ? On s’attend plus à l’inverse, à lire quelque chose sur l’envie de partir, de se dépayser, et de se couper de sa routine.

 

A vrai dire, je n’ai pas vraiment eu envie de rentrer, je pense plutôt que j’en avais besoin. Le jour où j’ai ressenti cette nécessité m’a marquée, parce que c’est la première fois que j’ai eu ce sentiment depuis que j’ai découvert ma passion pour le voyage. Pourtant, le blues du voyageur est un mal assez répandu, rien de bien méchant et qui passe plutôt vite.

Mais ce qui m’a marqué, c’est d’avoir mon premier blues du voyage au Canada. Un pays occidental, avec une culture relativement proche de la France. Alors qu’après quelques voyages en Asie, je n’avais jamais ressenti cela.
Pourquoi au Canada ? Honnêtement je ne sais pas. Pourtant, aussi bizarre que cela puisse paraître, j’ai véritablement eu un choc culturel dans ce pays. Au début, parce qu’on ne me comprenait pas : en anglais aucun problème, mais en français, avec les québécois et les franco-ontariens. Quelle horreur de parler la même langue et de ne pas se comprendre, et quelle richesse en même temps, de découvrir cette culture qui est bien plus différente de la nôtre qu’il n’y paraît.

Ne pas réussir à se faire comprendre dans sa propre langue, c’est dur. C’est l’une des seules choses qui nous rattache encore à notre pays, mais malgré tout ça ne passe pas. Mon premier blues de voyage est arrivé comme ça, par la lassitude de devoir parler ma langue, mais sans avoir l’impression que ce soit la mienne : parce que chaque mot change, et qu’il faut s’adapter, et dieu sait que beeeaaaaucoup de mots changent quand on vient au Canada ! Cela fera l’objet d’un article très prochainement.
J’ai aussi eu envie de retrouver une routine. Non pas que je n’en ai pas ici, vu que j’habite au Canada, j’ai forcément un quotidien un peu répétitif parfois. Mais je sais que j’habite ici pour une période limitée, et se dire qu’on vit quelque part de manière temporaire m’a vraiment donné l’impression que je ne pouvais pas m’installer et profiter pleinement. J’avais un besoin de m’installer pour de vrai, de ne pas avoir l’impression de vivre version camping, de pouvoir vraiment m’installer.

Et pourtant, j’adore voyager et partir en sac à dos. Mais l’expatriation, c’est différent, on sait qu’on va vivre dans un autre pays, et il existe une différence entre vivre et voyager. Je vis au Canada, je n’y voyage pas. Et quand on habite quelque part, on a besoin de repères. Et là, je n’ai plus assez de repères, qui me disent que oui je suis bien chez moi.
J’ai toujours voulu partir vivre à l’étranger, et j’ai finalement rendu cela possible en déménageant ici en août 2014. C’est un rêve que beaucoup de personne sont en commun, de vivre entièrement dans une autre culture, parce qu’on veut se détacher de la sienne pour voir d’autres horizons. Mais au final, après 7 mois d’expatriation, je me suis rendue compte qu’on ne se détache jamais complètement. Après tout, comme on dit, « There is no place like home ».

Je considérerais toujours mon année d’expatriation comme l’une des expériences les plus enrichissantes de ma vie, et qui aura à coup sûr changé ma vision sur pas mal de choses. C’est une expérience incroyable que je recommande à tout le monde. Mais ce que j’ai toujours appréhendé dans l’expatriation et dans mon échange universitaire, c’est le retour, le retour « à la vie normale ». Je ne savais pas comment j’allais réagir face à mon ancien quotidien, le fait de se réhabituer en quelque sorte à des habitudes françaises que j’avais peu à peu perdues. C’est une question difficile à aborder, car comme tout bon voyageur, on ne veut jamais penser au retour.

Mais hier, j’y ai pensé. Dans exactement 3 semaines je terminerai mon expatriation canadienne pour revenir à ma vie française. Et mon blues du voyage à quelques semaines de mon retour m’ont appris une chose : que si l’on est toujours heureux de partir, on ne peux jamais être complètement malheureux de rentrer.

Et si un jour je regrette mon retour en France, ce sera pour mieux me souvenir de ma vie canadienne.

6 thoughts on “Et un jour, j’ai eu envie de rentrer.

  1. Ca depend vraiment des gens car je suis expatrie depuis 17 ans avec certe une expatriation de 8 ans en GWADA mais c est vraiment une expatriation et JAMAIS je n ai eu envie de rentre au grand JAMAIS
    Le fait de vouloir retrouver un quotidien depend vraiment de chacun
    BRAVO pour ton article
    EL VIEJO LOCO
    PATRIICK
    PS si vous voulez me suivre sur mon voyage j ai un groupe qui s appelle BEDGE WORLD TRIP 2013 14 15
    A PLUS

    • Mon envie de rentrer est bien vite passée ! Comme je le dis dans l’article, c’était davantage un coup de blues, avec une grande réflexion sur mon expatriation et ce que j’en ai tiré comme leçons. J’irais voir le blog !

  2. Très bon article ! Moi je rentre dans deux semaines après 11 mois d’Australie. J’ai hâte et j’ai peur. Tout le monde me dit que le retour sera dur et ça ne m’étonne pas. Tu écriras au sujet de ton retour en France ?

    • Oui je pense écrire à propos de mon retour en France, peut-être au bout d’un mois pour faire le bilan sur mon expatriation, sur mon ressenti par rapport au Canada et bien sûr sur le retour ! Ensuite je sais que je serais très occupée en rentrant, donc j’aurais peut-être moins de mal que d’autres personnes… Mais tous les avis sont bons à prendre ! Après 11 mois en Australie pour toi c’est sur que ce sera dur, mais je me dis qu’on sera contente de retrouver quelques unes de nos habitudes françaises 😀

  3. Très belle conclusion, effectivement on n’est jamais vraiment malheureux de rentrer car on sait qu’on va retrouver notre culture, nos habitudes et surtout nos proches. Concernant les repères qu’on a besoin d’avoir quand on ne voyage pas, j’avais jamais pensé que ces repères seraient difficiles à trouver quand on est expatrié, pourtant ça semble évident, je comprends donc ton coup de blues ^^ Effectivement, on ne veut jamais penser au retour, moi la première, je pars très bientôt en tour du monde et la question que je ne veux pas me poser est « qu’est-ce que je fais après? » ^^

    • Ahhhh non il ne faut pas se poser cette question ! Pour le coup de blues du voyageur, je pense que ça dépend de chaque expatriation: maintenant, j’habite à Montréal et contrairement à l’année dernière, je n’ai pas vraiment ressenti le besoin de rentrer en France pour Noël. Comme quoi 🙂

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