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Le passage à vide.

Certains l’appeleront la déprime du retour, la traversée du désert, la réadaptation.

Pour moi, ça a juste été un passage à vide. Depuis le 21 décembre, c’est-à-dire depuis que je suis rentrée de deux ans et demi d’expatriation entre le Canada et le Cambodge.
Pendant ces deux ans et demi, mes sens étaient en alerte tout le temps: au final, j’avais chaque jour de nouvelles choses à découvrir, à voir, à explorer. Mais on ne pense pas au retour. On en parle oui: comme avant de te jeter dans le vide pour un saut à l’élastique, tu penses au moment où tu vas sauter, tu ne penses pas à quand ce sera terminé.

Bah moi, je me suis bien écrasée comme une m****.
C’est dur de rentrer, et de revenir dans un endroit où l’on a tous ses repères, où les sens ne sont plus en alerte, où il n’y a plus rien à découvrir. Je me suis demandée ce que je faisais là, pourquoi j’étais rentrée. Honnêtement, je me le demande encore, trois mois après. Je me suis surprise à pleurer sans même savoir pourquoi, à m’énerver sans savoir pourquoi, à réfléchir dans le vide, à avoir des moments de flottement où tu ne réfléchis plus à rien. Et quand tu reviens à la réalité, et bien c’est pire qu’avant.

En fait, au cours de ces trois mois, on m’a souvent demandé quel était le problème à être rentrée en France. En fait, c’est ça le problème: c’est que je suis rentrée.
Ça me rappelle des souvenirs, certains que je voudrais oublier, et ça me ramène à de bons souvenirs canadiens et cambodgiens que j’aimerais retrouver. En fait, c’est dur à exprimer comme ressenti, car vous pourrez en parler à n’importe quelle personne, elle ne comprendra pas et pensera que ce qui vous soule, c’est d’avoir retrouvé votre entourage. « Ah bah sympa, c’est quand même pas le bagne, t’es pas à la rue, la France c’est cool« . En fait, je suis lassée d’expliquer que non, le problème c’est pas d’avoir retrouvé ma famille, mes potes, la maison. C’est le problème du soufflé raté: au début, quand il est encore dans le four, il est magnifique ton soufflé. Et puis au moment où tu le sors, il s’aplatit en deux secondes. Bah en l’occurrence, je suis un peu la métaphore humaine du soufflé raté. C’est de se dire que c’est fini le problème. T’as l’impression que tout ce que tu as vécu, ce n’était qu’un rêve, une parenthèse.

C’est dur de refermer ce chapitre de ma vie. Et quand personne ne comprend, ou n’essaye de comprendre ton point de vue, ça ne rend pas la tâche plus facile. Je ne sais pas ce que je dois faire en fait, je ne sais même pas ce que je fous là à vrai dire. Je pense que j’ai besoin de temps pour procéder la chose, sauf qu’ici le temps on n’en laisse pas.
Tout va vite, trop vite, et j’ai peur d’oublier.

Je ne sais pas ce qui est le pire dans l’expatriation: qu’on ne comprenne pas votre besoin et votre envie de partir, ou de ne pas avoir le temps de comprendre qu’on est de retour.

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Dire aurevoir.

Je trouve qu’il existe une différence entre dire aurevoir, et à bientôt. Dire aurevoir, j’y suis habituée, ça fait maintenant plus de deux ans que je n’habite plus en France. Pendant mes allers-retours entre la France et le Canada, j’ai dit aurevoir plusieurs fois. Quand je suis partie vivre au Cambodge, j’ai aussi dit aurevoir.

En fait, je me rends compte que je ne disais pas aurevoir, je disais juste à bientôt. Je savais que j’allais revoir mes parents et mes amis. Les gens qu’on rencontre en voyage, on leur dit rarement à bientôt, on voudrait les revoir mais on ne sait pas quand ça sera possible. Alors, on dit aurevoir.
Je sais qu’en ayant pris la décision de voyager, j’ai aussi pris la décision de me confronter à des aurevoirs. Mais le fait d’être habituée à voyager ne rend pas la tâche plus facile pour autant.

Quand je suis arrivée à Phnom Penh, j’ai rencontré des espagnols dans mon auberge de jeunesse, qui m’ont accueilli comme s’ils me connaissaient depuis des années. Je me suis sentie « chez moi » : et j’ai passé trois semaines à me sentir chez moi, avec eux, à apprendre à se connaître et à se découvrir des points communs.             
Mais hier, j’ai du dire aurevoir. Mon expatriation à Phnom Penh a commencé avec eux, mais je n’avais pas pensé au fait qu’elle ne se finirait pas avec eux. Dire aurevoir, c’est dur car rien ne te garantit que tu reverras ces personnes là un jour, si tu en auras l’opportunité ou pas. Et c’est d’autant plus difficile quand tu te rends compte des points communs que tu as avec ces personnes : leur vision de la vie, du voyage, l’ouverture d’esprit.

J’ai aussi du dire aurevoir à des endroits que j’appréciais particulièrement: le Canada bien sûr, et le Vietnam aussi. Des endroits qui m’ont appris autant que certaines personnes, et le fait de devoir dire aurevoir est tout aussi dur. Encore une fois, on sait qu’on va ou qu’on peut y retourner: mais on ne sait juste pas quand. Dire aurevoir à des personnes ou des endroits qui t’ont littéralement changé, construit, c’est dur. Tu as un peu l’impression de laisser une partie de toi.

Je pense que dans le fait de voyager, c’est bien la seule chose que je n’aime pas. Ensuite oui, choisir c’est renoncer, et voyager c’est s’adapter. Et oui, on s’habitue à tout, certes, mais pas à ça.

Dire aurevoir, c’est aussi un peu la fin d’un voyage. En quelque sorte.

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Un retour d’expatriation.

Je me souviens, le jour où j’ai emménagé dans mon appartement tout vide, fin août. Je ne savais pas ce qui allait m’attendre pour cette année, j’avais tout à construire et à découvrir, pour cette deuxième année d’expatriation au Canada.
Montréal était une ville que je ne connaissais pas. Que j’ai appris à découvrir et à aimer sur cette dernière année. C’était le début de ma deuxième année d’expatriation au Canada.

Vue Belvédère Mont Royal

Voilà maintenant presque deux semaines que mes deux ans d’expatriation au Canada se sont terminées. C’est encore un peu irréel, à vrai dire: déjà, parce que la première fois que je suis partie, en août 2014, je ne devais rester que 4 mois. Au final, je suis restée deux ans. Quand je suis repartie d’Ottawa, l’année dernière, je n’ai pas pleuré: je ne sais pas, peut-être qu’inconsciemment je savais que j’allais revenir très vite, que mon aventure canadienne n’était pas terminée. Alors qu’il y a deux semaines, mon dieu que j’ai pleuré, la vraie madeleine !
Revenir d’expatriation, c’est un peu comme sortir du coma: tu reviens chez toi, dans ton pays d’origine, et tu redécouvres tout (bon on s’entend que j’ai jamais été dans le coma, j’imagine un peu, mais t’as compris l’image). En fait, tout t’es familier et étranger à la fois. Tu reconnais tout, tu as des souvenirs, mais ce n’est plus chez toi.

Et puis surtout, tu ne peux pas t’empêcher, mais tu compares, comme tu l’as fait quand tu as commencé ton expatriation, sauf que là, c’est dans le sens inverse: ce qui me semblait étranger au Canada, ou loufoque, je le trouve maintenant complètement normal par rapport à d’autres choses en France.

Par exemple, quand tu te rends compte qu’en France c’est toi qui pèse tes légumes et qui met le ticket sur le sac plastique, alors qu’au Canada c’est la caissière. Au bout de deux ans, ça te fait un peu bizarre.

Revenir d’expatriation, ça me faisait peur. Retourner chez mes parents (la régression totale), le retour à un quotidien qui n’était plus le mien depuis deux ans. Et surtout, le fait de se dire que c’est bel et bien terminé. En fait, je ne savais plus à quoi m’attendre, parce que ma vie d’avant, je ne la connais plus, je m’y suis déshabituée bien vite. Et puis forcément, je ne voyais que les côtés négatifs de la France, je m’étais mise dans une spirale de pessimisme toute seule. Tu vas me dire que quand tu reviens de deux ans d’expatriation, ça n’aide pas beaucoup…

écureuil parc du mont royal

Je te le confirme, ça ne m’a pas aidé du tout. Surtout quand tout le monde me disait: « Mais t’inquiètes pas Sixtine, tu vas y retourner au Canada« . Oui, ça je sais que j’y retournerai. Mais quand ? Tu peux me le dire, toi, quand j’aurai l’opportunité d’y retourner ? Et dans quel contexte ? Parce que les études c’est terminé, et dire aurevoir à ta vie étudiante, ça fait quand même un peu peur.
En fait, mon expatriation a signifié deux choses: quand je suis partie, qu’il était le temps de grandir, d’apprendre des choses par moi-même, et pas uniquement sur les bancs d’une fac. Je pense que sur mes deux dernières années, le contrat a été plus que rempli.

Et mon retour d’expatriation, signifiait autre chose: que maintenant, il fallait un peu vieillir. Pas trop quand même hein, mais juste assez pour se rendre compte que toutes les bonnes choses ont une fin, et que parfois il faut avancer, même si on en a pas l’envie. J’avais assez grandi, je devais maintenant vieillir un peu.

Mon expatriation a signifié deux choses: pour mon départ, qu’il fallait un peu grandir. Pour mon retour, qu’il était temps de vieillir.

C’est vrai que s’expatrier à 20 ans à 5500 km de chez soi, ce n’est pas anodin, et ce n’est pas donné à tout le monde, on ne va pas se mentir. Je pense que c’est ce qui a rendu cette expérience d’autant plus extraordinaire: la jeunesse, et surtout l’inconnu de l’expatriation avant de partir. C’était aussi ce que je voulais bien sûr, et ce dont j’avais sûrement besoin au moment de partir.
Deux ans plus tard, faire le bilan de mon expatriation est un peu compliqué: c’est comme quand on me pose la question « Alors, c’était bien ?« , et que je ne sais pas quoi répondre. Oui, évidemment que c’était bien ! Mais c’était tellement plus que ça.

Ça a été extraordinaire, dur parfois, déroutant, dépaysant, fatiguant, surprenant, initiatique, plein de rencontres, chiant aussi, excitant, effrayant, mais plus que tout, ça a été la meilleure expérience de ma vie. Et ça m’a donné l’assurance que les prochaines expériences seront toutes aussi riches et inoubliables.

Alors si toi aussi tu vas bientôt rentrer de ta première expatriation, ne t’en fais pas, ça va aller. Tu vas ressentir plein de sentiments contraires, tu vas te remémorer tellement de choses, tu vas vouloir en parler tout le temps, parfois plus du tout, mais dans le fond ça ira.

Je ne suis pas complètement de chez eux, mais une chose est sûre, je ne suis plus d’ici non plus.

 

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Ce parfait voyageur hypocrite.

Aujourd’hui, je voulais écrire un article sur Toronto, mais au final je me suis dit que j’allais pousser un petit coup de gueule. Ce n’est pas mon genre de faire ça sur un domaine aussi public qu’un blog, mais vu que ca touche au voyage, je trouve cela nécessaire. Si tu n’as pas envie de lire mon pamphlet, ne le lis pas et va plutôt regarder mes vidéos, au moins j’aurai le sourire !

Je ne me considère pas du tout comme parfaite ou comme étant un modèle à suivre en terme de voyage: chaque personne est différente, et vit à sa manière. Mais le manque d’ouverture d’esprit et la critique (très, trop) facile de certains voyageurs m’ont poussé à me lâcher aujourd’hui.

J’ai toujours voyagé: merci paps et mams de m’avoir donné ces opportunités, parce que tu te doutes bien que je ne suis pas partie toute seule avec mon sac à dos en Tanzanie quand j’avais neuf ans… J’ai commencé à voyager seule à 19 ans, donc il y a trois ans. Sur les trois dernières années, j’ai créé ce blog, qui m’a permis d’en découvrir plein d’autres, et du coup toute une communauté de voyageurs avec.
J’ai découvert une communauté qui pensait la même chose que moi du voyage, qui a tout le temps envie de partir ou de s’expatrier, qui aime partager ses bons plans et ses souvenirs, et qui aime tout simplement découvrir. J’ai découvert la blogosphère voyage, puis la communauté voyage sur Youtube, et enfin les groupes Facebook. Jusque là tu me diras tout va bien, dès que j’avais besoin d’une info j’avais tous les moyens du monde de la trouver, quand je voulais partager il me suffisait de publier un article, pour en apprendre plus sur une destination je n’avais qu’à lire certains blogs.

Sauf que tout ça, ça a changé. Et ça me fait c****.

Je m’explique.

Pour moi, un voyageur est quelqu’un d’ouvert d’esprit, qui accepte les opinions différentes, veut découvrir de nouvelles cultures, et qui est une personne tolérante. Sans pour autant avoir le même avis sur tout, j’ai toujours pensé que les personnes accros au voyage avaient au moins ce point commun d’accepter les différences et de passer au dessus en respectant l’avis de l’autre. Et bah je suis peut être naïve, mais je me suis bien fourrée le doigt dans l’œil. Alors avant que je me fasse incendier, je ne parle d’ici que d’une minorité de personnes ! Sauf que ces personnes-là prennent trop de place, et m’ont plus d’une fois gâché mon plaisir de découvrir, partager, voyager.

Aujourd’hui, il n’est plus possible de publier, partager, demander des infos, sans que l’on soit critiqué de tous les côtés. Certains voyageurs, pour je ne sais quelle raison obscure, se sentent supérieurs du fait qu’ils pensent que leur manière de voyager est meilleure, plus écolo, moins touristique, enfin bref mieux que la tienne quoi. 

 

Voyager « touristique »

Il suffit de sortir qu’on part un mois en Thaïlande ou à New York pour que les réflexions fusent: c’est trop touristique, il n’y a que des touristes, c’est plus du tout authentique, c’est un piège à touristes, c’est de l’arnaque, et j’en passe. 

Et bien écoute, ça me fait une belle jambe.

Je ne comprends pas ce principe de toujours vouloir « casser » une personne sous prétexte qu’elle part dans un pays que l’on a pas aimé, et de la dénigrer parce que « tu pars dans un pays trop touristique, c’est pas un voyage ». Ou pire, ceux qui partent en formule tout compris, ah bah là c’est le diable !
Moi non plus, je ne suis pas fan de partir en formule tout compris, mais quand on a pas trop de temps et si on trouve un bon deal, et bien c’est une bonne solution. Pourquoi vouloir toujours venir troller partout sur la toile ou même de vive voix juste parce qu’on considère que l’autre ne voyage pas comme nous ? Donc parce qu’il ne voyage pas comme nous, il ne voyage pas bien ? Il n’y a pas de manière parfaite de voyager, point. Tu peux en privilégier une, ok, mais elle n’est pas meilleure qu’une autre, elle est différente. Celui qui voyage le plus loin des endroits touristiques pour être au plus près des locaux ne vit pas la même chose, mais c’est pas pour autant qu’il a atteint le Nirvana du voyage et rejoint Bouddha, cette tendance à hiérarchiser prend (je trouve) trop de place dans ce monde.

 

Le voyageur est hypocrite

Ce que j’ai remarqué, de la « naissance » de ces voyageurs à la critique rapide et facile, c’est que dans leurs discours, on distingue une certaine forme de supériorité ou de perfection. Personnellement, ça m’horripile.
Je ne suis pas parfaite non plus en matière de voyage. Mais encore une fois, l’ouverture d’esprit manque chez certains: pourquoi critiquer la manière de voyager d’une personne alors qu’on voyage pour découvrir d’autres cultures ? Quelle gloire ces gens-là en tirent ?

Certains prennent leur manière de voyager comme une tribune pour leurs convictions: l’ouverture d’esprit, c’est accepter l’avis et la décision de l’autre, alors pourquoi l’attaquer ? Alors que souvent, sous toutes ces convictions bien tranchées, se cache aussi une belle hypocrisie.
Le voyageur hypocrite vit son voyage de la manière qu’il pense la meilleure en critiquant celle des autres, mais quand ça l’arrange: et c’est souvent sur des débats écologiques et alimentaires, que je n’approfondirai pas ici. Mais quelle hypocrisie, et pour quoi au final ? Pour rien. C’est beau de défendre ses convictions, mais si c’est juste pour tacler des gens, où est l’intérêt.

Il n’y a aucune leçon à tirer de ce que je viens d’écrire: il s’agit juste d’un bon coup de gueule parce que l’ouverture d’esprit se perd, et la passion du voyage aussi. Personne n’a à se justifier de la manière dont il voyage, et malheureusement c’est l’impression que j’ai aujourd’hui. Chaque manière de voyager serait associée à un type de personne ? C’est bien dommage et ce n’est pas comme ça que je pense.

Je ne m’entends pas avec tout le monde, mais chacun sa manière de vivre: et si on a l’envie de découvrir et de respecter des cultures à l’autre bout du monde, commençons déjà à respecter la manière dont pense et voyage notre voisin de dortoir.

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Inspirations: Departures, pour voyager depuis son écran

Le pire dans un voyage, c’est l’attente. Surtout quand ce voyage n’est prévu que dans quelques mois ou quelques années: pour ma part, mon tour du monde, dans un peu plus d’un an et demi maintenant. Parfois, on a des coups de mou, on a l’impression que ce voyage n’arrivera jamais, ne se fera pas finalement. Alors je me remotive, je vais regarder quelques vidéos de voyage sur Youtube. Mais quand j’ai découvert Departures, c’était une autre perspective !

De quoi ça parle ?

Deux amis canadiens, Scott Wilson et Justin Lukach, décident de partir un an sur les routes du monde. Ils vont donc ainsi découvrir leur propre pays, le Canada, puis la Jordanie, l’Inde, l’Ile de l’Ascension, le Japon, les îles Cook, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande et le Cambodge. Filmé par le caméraman André Dupuis, chaque pays a son épisode consacré, voire parfois deux épisodes pour certains (l’Inde et la Nouvelle-Zélande par exemple).
Sur le principe, en effet ça semble sympa. Mais le but premier de Scott et Justin est de sortir des chemins que tout voyageur prend en arrivant dans un pays. Ainsi, on les voit vivre dans un village d’une minorité khmer au Cambodge, assister à un mariage en Jordanie, fêter Diwali chez des locaux en Inde, etc. Partis en sac à dos, on les voit essayer de se débrouiller en rencontrant des locaux, ou en visitant grâce à des contacts, souvent des amis de fac ou de lycée.

Sorti en 2008, la série a connu un succès de dingue, et a été reconduite pour deux autres saisons, qui pour les avoir regardées aussi, sont toutes aussi géniales que la première !


En quoi ça se différencie ?

C’est simple: ce n’est pas un documentaire, c’est une histoire. On retrouve vraiment des liens entre les épisodes et les pays, parce que Scott et Justin comparent leurs expériences. Il leur arrive aussi de recroiser des gens connus dans d’autres pays. Même si Scott aime expliquer les coutumes et l’histoire du pays qu’ils traversent, on a davantage l’impression de suivre une histoire. C’est d’ailleurs exactement comme ça que Scott Wilson et André Dupuis ont défini leur série: « Le but n’est pas de documenter sur le pays traversé, mais sur le voyage en lui-même« .

Ce qui m’a fait également aimer cette série, c’est le fait que les pays traversés ne sont pas ceux dont on entend généralement parler dans le domaine du voyage: Scott et Justin partent donc en Antarctique, au Groenland, et même en Corée du Nord. Cela m’a aussi permis de « connaître » certains pays d’Afrique moins touristiques comme l’Ethiopie ou le Rwanda.

Scott Wilson, Justin Lukach et André Dupuis


Ce que cette série m’a rappelé

Departures a permis de me souvenir que peu importe le voyage, l’attente en vaut la peine. Cette série est très naturelle, vivante et m’a redonné un coup de boost en attendant mon tour du monde !

Cette série m’a donné envie de visiter des pays qui ne faisaient pas partie de mes « pays prioritaires avant ». J’ai bien envie de partir dans les îles Cook et au Groenland, j’ai découvert la Corée du Nord d’un autre oeil.

Je suis aussi retombée amoureuse de certains pays: le Cambodge, mais surtout le Vietnam, pays duquel je suis tombée amoureuse et qui m’a donné envie de voyager.

Departures donne une nouvelle dimension à la philosophie du voyage: on le voit bien avec Scott et Justin, qui sont tous les deux très différents, mais qui pourtant en viennent aux mêmes réflexions en fonction des épisodes. On les voit oser et surpasser chacun leurs peurs au fur et à mesure (Justin qui affronte sa phobie des serpents au Brésil par exemple). Et tout ce qu’on a envie de faire, c’est de faire la même chose !

Enfin, cette série m’a rappelé de ne pas me contenter d’exister. Il faut vivre.


Où est ce qu’on trouve cette série ?

Les deux premières saisons sont disponibles sur Netflix. Pour la troisième saison, il faut creuser sur Youtube, sinon il est possible d’acheter les différentes saisons sur le site de Departures.

Et si après vous être avalé les trois saisons vous en voulez encore, alors ne ratez pas la nouvelle série de Scott Wilson et André Dupuis, Descending. Le trailer ici:

Et vous, quelles séries vous permettent d’attendre avant de voyager ?

Ces comportements de voyageurs qui m’énervent

Avouons-le: en tant que voyageurs, nous ne sommes pas tous pareils, on ne se comporte pas tous de la même manière. On n’appréhende pas non plus le voyage de la même manière… Chacun sa vision des choses me direz-vous: oui, je suis d’accord. Jusqu’au moment où les comportements de voyageurs nous gâche notre plaisir…

Alors voilà un petit article coup de gueule, à prendre à la légère quand même ! Parce que parfois, ça fait du bien de se lâcher 😉

Celui qui se prend pour un local (l’expatrié ?)

C’est celui que je connais le mieux pour l’instant. En voyage, ce voyageur se traduit par la panoplie totale appareil photo – guide de voyage – lunettes de soleil – bob (ok le bob c’est juste parce que c’est drôle). A peine posé à la table du resto local du coin, le voyageur en question essaye de communiquer dans la langue locale: jusque là, tout va bien, c’est même plutôt une bonne chose !

Mais tout se corse quand le voyageur se rend compte que le local ne le comprend pas… Bah oui hein, on a pas tous un accent inné. Donc ledit voyageur s’énerve et commande finalement le plat typique tradi du coin proposé sur le menu. Mais il reste énervé, parce qu’on n’a pas compris son dialecte local si parfait pourtant.
Ce même voyageur ne se mêle pas aux autres voyageurs: bah non, il est ici chez lui voyons, il ne s’adresse qu’aux locaux, et veut tout faire comme eux. Sauf que quand on ne connaît pas la culture, ses rites et ses moeurs, la situation tourne vite au ridicule. Je pense notamment à un homme qui était dans la même auberge de jeunesse que moi à Phnom Penh, et qui ne parlait qu’au personnel, parce qu’il voulait faire le moins touriste possible (on s’entend qu’on peut être un voyageur sans pour autant tomber dans le stéréotype…). Résultat, il a touché la tête du fils du patron, alors que c’est très mal vu au Cambodge. L’immersion ratée !

La panoplie du touriste: manque plus que le guide de voyage !

Et puis dans le même type de voyageur qui se prend pour un local, il y a l’expatrié. Alors pas tous hein ! Mais je parle de celui qui habite donc dans un pays étranger depuis plus ou moins longtemps, et qu’il en vient presque à renier son origine. J’en ai déjà vu certains, à Montréal, qui critiquaient les français en disant qu’il y en avait trop et qu’il faudrait qu’il y en ait moins au Québec, alors qu’eux mêmes étaient français. Bon… On voit tous le ridicule de la situation ?

Source: www.mauditfrancais.com

Au final, ce n’est pas vraiment énervant comme comportement… Plutôt drôle, et un peu ridicule. Mieux vaut en rire qu’en pleurer !

Celui qui se sent supérieur

Bon celui-là, c’est sûrement un des pires… Ce voyageur-là se sent surtout supérieur aux locaux, comme si sa venue dans le pays était un honneur ultime pour la population. Ce voyageur-là ne respecte donc pas les coutumes locales (voyons, manquerait plus qu’il s’adapte !), et encore pire il s’en plaint. Cette supériorité s’accompagne souvent d’une ouverture d’esprit équivalente à la taille d’une huître: on ne citera pas les réflexions telles que « Non mais comment ils font pour vivre ici » ou encore « Pourquoi j’irais manger de la cuisine de rue, je vais choper le choléra !« .

Source: www.memgen.com

Bon encore une fois, j’exagère dans cet article. Mais malheureusement, pas mal de voyageurs réagissent de telle ou telle manière qui leur donne une impression de supériorité par rapport à la population locale, et c’est vraiment dommage. Déjà, parce que c’est le meilleur moyen de passer à côté de son voyage, et deuxièmement c’est garanti que les locaux vont avoir une mauvaise image des étrangers après ça. Et ensuite, ce sont les voyageurs respectueux et désireux de découvrir la culture (et LA NOURRITURE) qui payent les pots cassés.
Je me souviendrai par exemple d’une fille au Vietnam, qui a commencé à s’énerver parce que son plat n’arrivait pas assez vite au restaurant. Ok, on avait une excursion 20 minutes plus tard, mais s’énerver en Asie est un signe de faiblesse, et a tendance à déstabiliser l’interlocuteur. Au final, ca n’a rien changé à la rapidité d’arrivée de son plat, elle a juste gâché l’ambiance…

 

Celui qui ne respecte rien (et qui ne s’en rend pas compte)

Celui-là, il nous énerve un peu… Mais il nous fait surtout rire, parce qu’il se fout la honte. C’est le voyageur qui veut tout découvrir, mais qui n’a pas pris le temps de lire un blog ou un guide de voyage, et qui ne connaît rien à propos des coutumes… Et qui va rentrer dans un temple bouddhiste avec ses chaussures (toi-même tu sais que c’est un blasphème).

C’est aussi celui (ou plutôt celle) qui ne va pas prêter attention aux coutumes vestimentaires, et qui va gambader en short et mini débardeur dans un pays où la tendance est plutôt à la pudeur. Bon ok, cette voyageuse-là rentre aussi dans la catégorie du dessus, mais on va laisser le bénéfice du doute à certaines 🙂
Le plus drôle reste le voyageur qui ne respecte pas les habitudes alimentaires: ne pas manger avec la main gauche dans les pays d’Afrique du Nord par exemple. Le choc des locaux est souvent au rendez-vous, mais surtout la honte assurée pour le voyageur quand il se rend compte de sa bêtise. Encore une fois, mieux vaut en rire qu’en pleurer !

Les panneaux d’interdiction fleurissent, souvent à cause de certains voyageurs.

Somme toute, on est tous le voyageur insupportable de quelqu’un d’autre: on n’a pas tous la même vision du voyage, encore une fois. Alors, d’autres idées de comportement de voyageurs qui vous énervent ? Faisons preuve de second degré ! 🙂

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Parle avec tes tripes: dis moi pourquoi tu voyages.

Je suis presque sûre qu’il t’es déjà arrivé, cher lecteur, d’expliquer pourquoi tu voyages à quelqu’un. D’expliquer le sentiment immense qui t’envahis quand tu parles de voyages, quand tu te souviens de ceux que tu as fait, et quand tu imagines ceux que tu vas entreprendre. Les mots ne viennent pas forcément, hein ? Ou ils ne sont pas assez forts pour expliquer le déversement d’émotions liés au voyage, à ce mode de vie, à cette philosophie.

J’ai moi aussi essayé d’expliquer ma philosophie du voyage, ce qui me motivait et comment ça avait commencé. Quand j’arrive à bien expliquer mon ressenti, je me heurte souvent à une mauvaise compréhension de la part des gens à qui j’exprime mon point de vue. Oui c’est rageant de ne pas être compris, franchement.
Donc aujourd’hui, j’ai eu envie d’écrire cet article, pour expliquer ce point de vue si personnel, cette philosophie si intime qui me lie à ma passion du voyage. Oui, il s’agit d’un article personnel, c’est bien rare. Mais pourquoi voyager, si je n’arrive pas à exprimer ce que cela me procure.

Le commencement

Le 6 juillet 2013, c’est-à-dire il y a pile deux ans au moment où j’écris ces lignes. Je sors de l’aéroport Tân Sơn Nhất d’Hô-Chi-Minh Ville, au Vietnam. Je suis en jogging et en pull, évidemment je ne me suis pas dit une seule seconde que j’allais mourir de chaud dans un pays en pleine période de mousson. Je regarde autour de moi: je ne comprends rien à ce qu’il y a écrit sur les panneaux, cette langue n’est pas la mienne. Cette culture non plus d’ailleurs, je la contemple avec des yeux ébahis.

Premier choc: quand les portes automatiques de l’aéroport se sont ouvertes, je me suis pris une bourrasque d’air chaud et humide dans le visage. Un vacarme de rue qui m’est bien inconnu se fait entendre, la vie se déroule sous mes yeux, sans que j’y comprenne quoi que ce soit.
C’est comme quand vous remettez le son de votre télévision après l’avoir laissé longtemps en mode Muet: il faut un temps d’adaptation pour reprendre le cours du film, refaire les connexions.

J’ai perdu mes yeux dans les lumières d’Hô-Chi-Minh Ville, avec la boule au ventre: aucun repère, dans ce pays que je ne connaissais pas, et qui avait pourtant tout à m’offrir. J’étais à exactement 14 098,3 kilomètres de chez moi (merci Google Maps). Résultat: j’ai exulté.

Ce qu’il s’est passé ensuite

Je suis rentrée en France un mois plus tard, et j’ai décidé que j’y retournerai l’été suivant, et en visitant le Cambodge également. J’ai bossé, et je suis repartie.
Avant même de me rendre compte que j’avais pris le virus du voyage, j’avais pris le virus de l’Asie. C’est un continent dont je suis tombée amoureuse, par la culture, le dépaysement, la nourriture aussi (SUPER important). J’ai besoin de me perdre dans cette culture pour me sentir vivante: c’est sûrement un mal pour certains, pour moi c’est crucial. C’est ce que j’aime, me dépayser.

Ensuite, en mai 2014, j’ai pris la décision de partir en tour du monde en 2017. En gros, depuis un an, j’économise tout ce que je peux pour pouvoir partir, et honnêtement peu de gens comprennent pourquoi « je me prive autant pour un voyage que je ne ferais probablement pas« . Mais je ne me prive pas ! Je suis motivée, c’est tout. Les soirées que je ne fais pas aujourd’hui vont me permettre de réaliser mon rêve dans deux ans maintenant.
Je voyage parce que j’aime ça. Je voyage parce que certains n’ont pas cette chance, et que je veux profiter de cette opportunité que j’ai de pouvoir découvrir le monde. Je voyage parce que rester chez moi sans connaître le monde extérieur me semble être une régression. Je voyage parce que ça me fait vivre, comme l’air que je respire: ça m’est vital.

Et maintenant ?

Voilà deux mois et demi que je suis rentrée en France, et le manque se fait sentir ! J’aime la France hein, qu’on se comprenne bien. Mais j’ai besoin d’aller voir ailleurs, pour me découvrir, pour ne pas m’enterrer dans une routine. Je repars dans un mois et demi, et j’ai hâte de voir ce que le Canada a encore à m’offrir.

Je travaille pour économiser pour mon tour du monde: c’est dur parfois, de voir qu’on est encore loin du but. Je n’ai jamais voulu abandonner ! Mais parfois, on a l’impression qu’on coure après une chimère, et deux ans ça reste long. J’ai parfois besoin de me reconnecter avec ce qui m’a motivée à commencer toute cette aventure, pour me rappeler pourquoi je fais tout ça.

Et dans ces moments-là, quoi de mieux que des vidéos Youtube 😉

 

Un an au Canada, par le blog voyage Seth et Lise.

 

Une autre vidéo de Seth et Lise, cette fois sur leur voyage en Asie. Ça me rappelle ce qui m’a donné envie de voyager.

 

 

Le tour du monde en 45 minutes de Charlotte et Mike. Pour voyager, il n’y a pas mieux !

Et toi alors ?

Et toi lecteur, c’est quoi ta philosophie de voyage ?


De Florence (via Facebook): « Pour ne pas avoir de regrets à la fin de ma vie… me dire que j’ai accompli des rêves, fait des rencontres, connu des expériences… que je ne suis pas passée à côté du temps que j’avais à passer sur cette terre. »

De Laurent (via le blog): « Pour trébucher, me prendre des claques, être déstabilisé face à un monde, une culture, que je ne maîtrise pas.« 

De Cécilia (via Facebook): « Voyager pour moi c’est avant tout sortir de sa zone de confort, je vois ça comme une sorte de lutte, avec la fatigue, la chaleur, la barrière de la langue, les douleurs aux jambes, les maladies improbables etc, c’est repousser ses limites, se montrer a soi même que même dans cette situation hyper délicate, ben je m’en suis sortie, avec le sourire, et plus forte.
Et puis voyager, c’est se vider la tête. Se délester de toutes ces choses qui nous emplissent le crane et se concentrer sur les pensées essentielles : c’est beau, j’ai faim, j’ai sommeil, je m’emmerde, j’ai soif. C’est vivre des expériences uniques qui n’appartiennent qu’à nous. « 

Continuez de partager vos expériences ! 🙂

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Et un jour, j’ai eu envie de rentrer.

Contradictoire de voir un tel titre sur un blog voyage, non ? On s’attend plus à l’inverse, à lire quelque chose sur l’envie de partir, de se dépayser, et de se couper de sa routine.

 

A vrai dire, je n’ai pas vraiment eu envie de rentrer, je pense plutôt que j’en avais besoin. Le jour où j’ai ressenti cette nécessité m’a marquée, parce que c’est la première fois que j’ai eu ce sentiment depuis que j’ai découvert ma passion pour le voyage. Pourtant, le blues du voyageur est un mal assez répandu, rien de bien méchant et qui passe plutôt vite.

Mais ce qui m’a marqué, c’est d’avoir mon premier blues du voyage au Canada. Un pays occidental, avec une culture relativement proche de la France. Alors qu’après quelques voyages en Asie, je n’avais jamais ressenti cela.
Pourquoi au Canada ? Honnêtement je ne sais pas. Pourtant, aussi bizarre que cela puisse paraître, j’ai véritablement eu un choc culturel dans ce pays. Au début, parce qu’on ne me comprenait pas : en anglais aucun problème, mais en français, avec les québécois et les franco-ontariens. Quelle horreur de parler la même langue et de ne pas se comprendre, et quelle richesse en même temps, de découvrir cette culture qui est bien plus différente de la nôtre qu’il n’y paraît.

Ne pas réussir à se faire comprendre dans sa propre langue, c’est dur. C’est l’une des seules choses qui nous rattache encore à notre pays, mais malgré tout ça ne passe pas. Mon premier blues de voyage est arrivé comme ça, par la lassitude de devoir parler ma langue, mais sans avoir l’impression que ce soit la mienne : parce que chaque mot change, et qu’il faut s’adapter, et dieu sait que beeeaaaaucoup de mots changent quand on vient au Canada ! Cela fera l’objet d’un article très prochainement.
J’ai aussi eu envie de retrouver une routine. Non pas que je n’en ai pas ici, vu que j’habite au Canada, j’ai forcément un quotidien un peu répétitif parfois. Mais je sais que j’habite ici pour une période limitée, et se dire qu’on vit quelque part de manière temporaire m’a vraiment donné l’impression que je ne pouvais pas m’installer et profiter pleinement. J’avais un besoin de m’installer pour de vrai, de ne pas avoir l’impression de vivre version camping, de pouvoir vraiment m’installer.

Et pourtant, j’adore voyager et partir en sac à dos. Mais l’expatriation, c’est différent, on sait qu’on va vivre dans un autre pays, et il existe une différence entre vivre et voyager. Je vis au Canada, je n’y voyage pas. Et quand on habite quelque part, on a besoin de repères. Et là, je n’ai plus assez de repères, qui me disent que oui je suis bien chez moi.
J’ai toujours voulu partir vivre à l’étranger, et j’ai finalement rendu cela possible en déménageant ici en août 2014. C’est un rêve que beaucoup de personne sont en commun, de vivre entièrement dans une autre culture, parce qu’on veut se détacher de la sienne pour voir d’autres horizons. Mais au final, après 7 mois d’expatriation, je me suis rendue compte qu’on ne se détache jamais complètement. Après tout, comme on dit, « There is no place like home ».

Je considérerais toujours mon année d’expatriation comme l’une des expériences les plus enrichissantes de ma vie, et qui aura à coup sûr changé ma vision sur pas mal de choses. C’est une expérience incroyable que je recommande à tout le monde. Mais ce que j’ai toujours appréhendé dans l’expatriation et dans mon échange universitaire, c’est le retour, le retour « à la vie normale ». Je ne savais pas comment j’allais réagir face à mon ancien quotidien, le fait de se réhabituer en quelque sorte à des habitudes françaises que j’avais peu à peu perdues. C’est une question difficile à aborder, car comme tout bon voyageur, on ne veut jamais penser au retour.

Mais hier, j’y ai pensé. Dans exactement 3 semaines je terminerai mon expatriation canadienne pour revenir à ma vie française. Et mon blues du voyage à quelques semaines de mon retour m’ont appris une chose : que si l’on est toujours heureux de partir, on ne peut jamais être complètement malheureux de rentrer.

Et si un jour je regrette mon retour en France, ce sera pour mieux me souvenir de ma vie canadienne.

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Une nomination au Liebster Award ?! Hé ouais !

Après 9 mois de blogging, et aussi de découvertes d’environ 264 autres blogs voyages (voire plus…), j’ai eu la chance (et l’honneur hein, qu’on se le dise !) d’être nominée pour le Liebster Award par le blog voyage Rendez Vous Abroad ! Fierté, joie, surprise un peu, et au dessus de tout ça l’impression que le voyage et le blogging peuvent vraiment apporter beaucoup de choses ! Un grand merci à Rendez Vous Abroad, déjà parce qu’on s’attend rarement à être nominée quand on est bloggeuse voyage (oui bon c’est pas les Grammy’s, mais c’est gratifiant !), et parce que c’est un blog que je lis régulièrement avec de super conseils.

Euh… C’est quoi le Liebster Award ?

Le Liebster Award est un prix honorifique que l’on donne à des blogueurs que l’on apprécie, et dans le but d’en découvrir d’autres. Le principe est simple mais efficace, et c’est sympa ! Pour chaque nominé, il existe cependant des règles:

– Citer la personne qui nous a nominée (bon ça c’est fait !)
– Faire 11 révélations sur soi
– Répondre aux 11 questions posées par la personne nous ayant nominée
– Poser 11 questions auxquels répondront les blogueurs que nous allons nominer
-Nominer 11 blogueurs que l’on a envie de faire découvrir

Bon… bah c’est parti !

 

11 Révélations sur moi

● Depuis mon premier voyage au Vietnam en 2013, j’ai pour but d’apprendre le vietnamien.
● J’adore voyager en mode backpack, mais j’adore tout ce qui se rapporte à la beauté et faire ma trousse de toilette est un supplice à chaque départ.

● Je collectionne les guides de voyages: Lonely Planet, le Routard, Guides Voir, National Geographic, j’ai de tout.
● Je ne supporte pas la nourriture épicée, alors que mon pays préféré est le Vietnam.

● Depuis une escale de 8h à Istanbul sans argent, je ne peux plus manger de loukoums.
● Je n’aime pas vraiment l’avion, contradictoire quand on adore voyager…
● Plus je suis dépaysée, et plus je me sens « moi » (oui oui très logique je sais)
● Mon défi personnel est de grimper un mont de plus de 5000 mètres.
● J’ai déjà oublié mon passeport dans un hôtel et je m’en suis rendue compte (que) 45 minutes plus tard.
● Je suis toujours contente de partir en voyage, mais je ne suis jamais déçue de rentrer (pour mieux repartir !).
● Je veux travailler dans l’humanitaire depuis 4 ans, et si possible (bien sûr) en Asie !

Les 11 questions posées par Rendez Vous Abroad

Qu’est ce qui te motive dans la vie ?

Me dire que dans 2 ans et demi je serais en tour du monde. Ça aide quand on est en mode économies depuis déjà 6 mois !

Quel est le plus beau paysage que tu ai vu ?

Le Grand Canyon aux Etats-Unis quand j’avais 12 ans. J’ai été impressionnée de la grandeur, et même si c’était il y a longtemps, ça n’a pas surpassé la baie d’Ha Long !

Un bon plan à partager ?

-10 % pour les étudiants au supermarché à Ottawa le mardi… Je reste étudiante ! Non pour rester plus sérieuse, les musées sont gratuits le jeudi soir à Ottawa.

Si tu devais choisir une personne pour partir en voyage avec qui partirais-tu?

Je vais rester simple, mais ma copine Aurélie. Parce que je sais que ça marche ! Mais pour le tour du monde, Lauriane (avec qui je pars héhé), je l’envisagerais avec personne d’autre. Si je devais choisir un blog, alors je prends Les Pauline !

Quelle a été la meilleure découverte culinaire au cours de tes voyages?

Le loklak, définitivement, j’en bave rien que d’y penser. Plus d’infos ici !

Et la pire ?!

Une canette de Wintermelon au Cambodge (si on traduit, concombre chinois). Imaginez de l’eau infusée au Spéculos en gros.

Plutôt pays chaud ou pays froid ?

Pays chaud, sans aucun doute ! Très logique vu que j’habite au Canada et qu’actuellement, il fait -17.

Qu’as-tu vu à l’étranger et qui selon toi manque en France ?

Sans aucun doute, l’accueil. En France, on est tellement peu souriants et accueillants… Keep smiling ! 🙂

Quelle est la chose la plus étrange à laquelle tu as pu assister au cours de tes voyages ?

A Hanoi en juin 2014, j’ai vu des vietnamiens brûler des dollars américains en pleine rue… Il y en avait à chaque coin de rue !

Si on t’offrait la possibilité de partir tout de suite dans un pays où tu es déjà allé, lequel choisirais tu ?

Le Vietnam sans hésiter ! Pour faire la région de Sapa et celle des hauts plateaux, et explorer le delta du Mékong que je n’ai pas encore fait 🙂

Qui est la personne la plus intéressante que tu aies rencontré au cours de tes voyages?

Mon filleul (pas du tout objective cette réponse…). Il a 4 ans, il est vif d’esprit, mature pour son âge et il travaille bien à l’école (ouiiiii il est beau mon fiiiils)


Les 11 questions que je pose aux futurs nominés !

  • Quel est le pays qui t’a le plus marqué et pourquoi ?
  • Au contraire, il y a-t-il un pays où tu ne remettras jamais les pieds ?
  • La chose la plus inutile que tu ai déjà emporté dans tes bagages ?
  • Quelle rencontre t’a le plus marqué pendant tes voyages, et pourquoi ?
  • Qu’est ce que le voyage t’a apporté (attention, une seule réponse possible !)
  • Avoir un blog, qu’est ce que ça a changé pour toi ?
  • Un défi à relever là dans la seconde: ce serait lequel ?
  • Quelle langue étrangère rêverais-tu d’apprendre ?
  • Une citation qui t’inspire (faites ressortir vos âmes de poètes déchus)
  • La situation la plus drôle à laquelle tu as dû faire face en voyage ?
  • Et enfin, quel conseil aurais-tu aimé recevoir quand tu as commencé à voyager ?

 

Et les 11 nominés sont…

Et voilà la partie la plus fun 😀 Je nomine donc:

Chronomundi: j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce blog, qui parle avec sincérité de leurs expériences de tour du monde, et leur photo de 14h est juste addictive.

Visas-vies: Maxime et Anaïs sont en couple, ont fini leurs études et partent en tour du monde. Je vis mon rêve à travers eux en attendant août 2017 !

Ad-ventures: encore un couple qui est parti en tour du monde, mais la spontanéité et leurs vidéos Youtube m’ont conquise !

Meg’n Trip: pour lire la véritable expérience d’une Frenchie (pardon, une normande) au Canada, et en abordant des sujets qu’on ne voit pas tous les jours sur les blogs (comme faire ses courses en Amérique du Nord).

Voyages à deux: des photos d’une super qualité, c’est bien écrit, c’est frais, bref, j’aime !

Sarah conte Philly: une française expatriée à Philadelphie, les différences de culture et ce qui s’en suit. C’est entre le blog perso et le blog de voyage, mais ça change !

Les Pauline: Pauline et Pauline gagnent un tour du monde de 2 mois, aiment le saucisson et déconner. Un vrai bonheur, c’est un condensé de potes version blog !

Veni Vidi Voyage: une fille qui voyage, qui part pour la 3ème fois en expatriation, on a l’impression de parler avec une copine, et c’est vraiment agréable quand on lie ça au thème du voyage !

La Fille Voyage: elle est française, expatriée au Canada, et elle dessine super bien, ça donne une nouvelle dimension au blog voyage !

Seth et Lise: des photos d’une qualité incroyable, des BD à mourir de rire, on dirait davantage un récit de voyage qu’un blog conseils de voyage, mais c’est ce qui en fait son originalité. Et je suis totalement séduite par leur vidéo Youtube sur leur voyage en Asie.

Nomad Junkies: deux copines qui parlent de leur vie de nomade et qui vont vraiment nous convaincre de faire de même ! Les articles sont décalés, c’est vraiment super à lire.

 

Encore un grand merci à Rendez Vous Abroad, et j’attends vos réponses très rapidement ! 🙂

 

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Le voyage m’a changé: deux ans après le déclic

Il y a deux ans, en janvier 2013, j’ai pris la décision de partir en volontariat au Vietnam. Premier voyage en Asie, premier voyage préparé toute seule de A à Z. A vrai dire, je n’aurais jamais pu imaginé il y a deux ans tout pile, à quel point ce voyage allait changer ma vie.

Je ne vais pas faire le résumé de mon premier voyage au Vietnam, il est fait ici. Mais c’est pendant ces trois semaines à 10 000 kilomètres de chez moi que j’ai réalisé beaucoup de choses, dont nombreuses sont liées au voyage.

Deux ans après, avec quelques en voyages en plus et une expatriation à mon actif, j’ai pas mal de recul, et c’est l’heure du bilan !

L’émerveillement, toujours un peu plus

Il y a deux ans, avec ce premier voyage en Asie, je m’émerveillais de beaucoup de choses simples: la vie de rue au Vietnam, les coutumes, la nourriture que je ne connaissais pas du tout, le fait d’arriver à se débrouiller de manière totalement autonome dans un pays dont je ne connais ni la culture ni la langue.
Et je pense que l’émerveillement que j’ai ressenti en sortant de l’aéroport a vraiment marqué le début de ma passion voyage. C’est donc cet émerveillement continuel que je recherchais ensuite !

Ça sert donc à ça le voyage, à s’émerveiller perpétuellement. J’ai découvert une vie en dehors de chez moi, de mon quotidien, qui m’a donné envie d’en voir plus. J’avais raté tellement de choses, je ne pouvais pas passer le reste de ma vie à ne pas continuer de m’émerveiller sur ce que le monde pouvait m’offrir.

Le sentiment d’indépendance et de liberté

Faire ce qu’on veut, quand on veut, au rythme qu’on veut. Pouvoir changer d’avis au dernier moment et décider au jour le jour: à 19 ans et quelques, quand j’ai véritablement commencé à voyager, c’est un vrai sentiment que j’ai découvert, cette possibilité de voir et faire ce qu’on a envie et surtout, être fière. Fière de se dire que si on voyage, c’est qu’on a travaillé pour (oui, c’est la voix de l’étudiante fauchée que vous entendez… 😉 ).

C’est un sentiment qu’on souhaite souvent retrouver une fois de retour à la maison, car cette indépendance on y tient ! On se rend compte qu’une certaine manière de voyager nous convient, et que voyager ne coûte pas si cher que ça ! 😉 J’ai découvert que j’avais des capacités, que j’étais plus forte que ce que je pensais, et d’un autre côté, j’ai découvert que je ne savais pas encore gérer certains situations: mais ce sentiment d’indépendance m’a permis et appris à gérer ces situations, à me poser, à agir en conséquence. En bref, j’ai grandi.

L’ouverture d’esprit

Découvrir la culture vietnamienne m’a fait me rendre compte de deux choses:
– tout d’abord, j’ai compris à quel point j’aimais découvrir de nouveaux modes de vie,
– et ensuite, j’ai découvert à quel point j’adorais l’Asie (et pas que pour la bouffe !).

Quand on voyage, on s’adapte à la culture du pays, on découvre donc les traditions, le mode de vie, et il faut vivre avec ! On devient plus tolérant, et encore une fois, on s’émerveille de tout ! De retour au bercail, on se rend compte de nombreux aspects de notre vie qu’on ne voit plus de la même manière, parce qu’on compare avec ce qu’on a vécu en voyage. En bref, on relativise ! J’ai compris que personne n’est pareil, que je pouvais toujours avoir foi en l’humain, qu’il peut agir par pure bonté et non pas par intérêt. Cela m’a amené à aussi vouloir agir dans ce sens. Aujourd’hui, je fais mes études dans les relations internationales pour travailler par la suite dans l’humanitaire.

L’ouverture d’esprit, c’est aussi dormir dans un bureau de poste canadien…

L’ambition

Ce point est un peu plus personnel, je ne sais pas si c’est le cas de tout le monde ! Mais ce premier voyage m’a donné l’ambition de partir plus souvent, l’ambition de me dépasser et de réaliser plein de choses que je n’aurais jamais pensé faire ! (Voir ma bucket list ici).
Ça m’a aussi donné l’ambition de créer un blog pour partager ce que je vis, et après 6 mois de blogging, je ne regrette pas du tout d’avoir commencé. D’ailleurs si vous avez une question à me poser, c’est par 😉 Je n’ai plus peur de faire ce dont j’ai envie, ni de l’avis des autres. Quand on voyage, on ne juge pas. J’ai juste appliqué ce principe à ma propre vie.


La communauté

En voyageant, on rencontre une véritable communauté de voyageurs/backpackers qui pensent comme nous, qui partagent les mêmes centres d’intérêts que nous, et surtout avec qui on échange des conseils et des bons plans. Et il faut se le dire, ça fait du bien de rencontrer autant de personnes avec la même vision de vie ! Peu importe où l’on va dans le monde, on trouvera toujours des personnes qui nous feront nous sentir « chez nous ».

Assez marrant quand on se dit que voyager c’est pour se dépayser non ? Mais autant être dépaysé à plusieurs 🙂

Après donc deux ans dont six mois de blogging, je pense sincèrement que voyager a marqué un certain tournant dans ma vie. Alors pourquoi attendre ? Voyagez, ça ne vous fera que vivre davantage 🙂

Et vous, en quoi le voyage vous a changé ?